Paris
Les échanges entre partenaires au sein du Conseil Local de Santé Mentale ont mis en exergue les difficultés du maintien dans le logement pour des locataires en souffrance soit psycho-sociale soit psychique, les difficultés de vivre ensemble pour ces locataires, pour le voisinage, les difficultés des bailleurs sociaux parisiens pour évaluer la situation de certains locataires fragiles ainsi que pour mettre en œuvre un accompagnement adapté et/ou une orientation vers des soins psychiatriques lorsque cela s’avère nécessaire.
« Aller-vers » et repérage pour les locataires en souffrance psychique des bailleurs sociaux de deux territoires parisiens (13e et 20e arrondissements).
A l’initiative du Conseil Local de Santé Mentale (CLSM) du 20e puis du CLSM du 13e arrondissement de Paris, portés par la Ville de Paris, l’Union sociale pour l’habitat d’Ile-de-France (AORIF) et les bailleurs sociaux se sont rapprochés des services de psychiatrie de secteur de l’EPS Maison Blanche/GHT Paris Psychiatrie & Neurosciences et de l’association de santé mentale du 13e (ASM 13), des services sociaux et des associations pour améliorer les conditions de maintien dans le logement social des personnes en difficultés psycho-sociales.
Ce projet, soutenu par les associations de familles et d’usagers de la santé mentale, s’inscrit également dans le cadre du pacte de lutte contre l’exclusion, dit « Grande Cause » parisienne et c’est pourquoi il a reçu un financement (action n°12 du Pacte intitulée « Mieux prendre en charge les problématiques de santé mentale dans le logement, en lien avec les bailleurs sociaux »).
Les locataires de plus de 18 ans résidant dans un habitat social des 20e et 13e arrondissements (des bailleurs sociaux participant au projet) :
2017 :
lancement des 2 équipes dédiées du 20e puis du 13e arrondissement, signature des conventions (Ville, hôpital, bailleurs) en présence de l’adjoint sectoriel
formation et sensibilisation d’une centaine de gardiens d’immeubles
2018 :
renouvellement de l’expérimentation pour le 20e puis le 13e arrondissement
présentation des premiers résultats de la recherche et publication jointe
2019 :
bilan à 2,5 ans : 344 signalements reçus, pour un âge moyen de 57 ans (46 % d’hommes, 54 % de femmes) ; 45 % des locataires étaient connus de la psychiatrie de secteur, pour un grand nombre en rupture de soins ; diminution de plus de 50 % des hospitalisations pour ces locataires pris en charge par une équipe de soins
renouvellement de l’expérimentation pour le 20e puis le 13e arrondissement
lancement de l’expérimentation pour le 19e arrondissement
Cette recherche va faire l’objet d’une publication dans une revue à comité de lecture à rayonnement national. Les modalités d’intervention des équipes dédiées, de par leur caractère innovant (le repérage des signaux faibles / forts, la visite à domicile de psychiatres), faisant l’objet d’articles dans des revues spécialisées (Revue « Santé mentale », juin 2018), participeront d’un mouvement d’identification de bonnes pratiques.
Un comité de pilotage ainsi qu’un comité de suivi de l’expérimentation ont défini les axes de l’évaluation. Ces expérimentations, modélisées dans deux arrondissements, devraient être étendues à Paris. Elles sont transposables si d’autres collectivités souhaitent s’en saisir.
Cf. rapport d’activité :