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La mise en place d’épiceries solidaires est à ce jour un moyen de lever des freins à l’emploi en satisfaisant un besoin primaire : l’alimentation. Mais d’autres freins sont à lever : une image de soi négative constitue un handicap dans le cadre de démarches d’insertion professionnelle et/ou sociale.
Dans un quartier de Politique de la ville, la création d’un mini-centre commercial solidaire permet d’accueillir dignement des familles en difficulté.

Le projet a été pensé par la ville et le CCAS en lien avec l’association PACTE 59 (Pour Agir Contre l’Exclusion) qui gère le lieu au quotidien.
D’autres villes voisines ont adhéré au projet (Roubaix, Lys-les-Lannoy), la CAF et l’Etat (CUCS) ainsi que de nombreux acteurs privés tels que les fondations Kiabi et Carrefour, Hyper Leclerc permettant de recueillir les produits à proposer aux usagers sous forme de dons.
Une dizaine de bénévoles (dont les 2 coiffeuses) et une salariée, responsable, animent ce centre solidaire.
Habitants en difficultés de la commune et des communes voisines et notamment des quartiers prioritaires de la Politique de la ville (le CCAS est prescripteur des familles concernées).
Un mini-centre commercial, ressemblant au maximum aux centres commerciaux classiques, accueillent les familles en difficulté.
Le centre solidaire, créé dans une ancienne église désacralisée, répond aux besoins :
• Alimentaires : une épicerie solidaire, à l’offre de produits élargie
• De valorisation personnelle : un espace coiffure et un espace prêt-à-porter (vêtements, conseils relooking …)
Les prix normaux du commerce sont affichés, auxquels une décote de 80% est appliquée en caisse pour la partie épicerie et prêt-à-porter, et de 70% pour la partie coiffure.
Par ailleurs, outre la fourniture de produits et services, le centre solidaire propose des ateliers réguliers permettant aux usagers de devenir autonomes dans la satisfaction de leurs besoins : atelier individuel de relooking (habillement et esthétique), atelier cuisine, atelier décoration intérieure (peinture, pose de papier peint).
Les principaux travaux ont été effectués entre juin 2016 et mars 2017, date de l’inauguration.
Le centre est ouvert le mardi, jeudi, mercredi et samedi après-midi.
Investissement : 316 K € dont 204 K€ de subventions (travaux à l’église à la charge de la commune, co-financement de l’Etat)
Fonctionnement : 127 K€ / an
Maintenance : pour 2018, 9 500 €
Budget total, dont coûts pour la collectivité :
Investissements + 1ère année de fonctionnement : 453 K€ dont 146 K€ pour la commune
D’avril 2017 à avril 2018, 346 familles ont été accueillies dont 84 continuent à venir.
66% sont des familles monoparentales,
66 % vivent d’aides sociales ou sont sans revenu,
25% vivent de pensions de retraité, d’invalidité ou de faibles salaires.
204 personnes ont fréquenté le salon de coiffure depuis septembre 2017.
Les usagers sont des utilisateurs réguliers qui apprécient l’intérêt et la qualité des services.
Ce type de projet peut être déployé dans toutes collectivités connaissant les mêmes problématiques à plusieurs conditions :
– disposer d’un local accessible et au cœur des quartiers en difficultés,
– s’assurer des prescripteurs,
– s’appuyer sur un réseau de partenaires locaux engagés.
L’association PACTE 59, en charge du centre solidaire, a ouvert 5 autres centres de ce type à Lille, Armentières, Caudry, Maubeuge et Valenciennes.
La première année d’exploitation a permis d’accueillir un nombre important de familles mais pour la majorité de façon très ponctuelle.
L’objectif de l’association PACTE 59, gérante du centre, est d’arriver à l’équilibre budgétaire hors subventions publiques.
Pour l’instant ce n’est pas le cas, c’est pourquoi en termes de développement, l’objectif premier est d’élargir la cible des usagers en l’ouvrant d’une part aux prescriptions des CCAS voisins (Roubaix, Lys-les-Lannoy), en élargissant les critères d’accueil (travailleurs pauvres par exemple) et en favorisant leur fidélité.
L’idée est également de proposer d’autres services comme les soins esthétiques, des services permettant une meilleure appropriation du logement, la création d’un verger pédagogique partagé …