Autun
Les centres sociaux avaient fait le constat de la difficulté à « toucher » un public âgé issu de l’immigration au travers des actions d’animation habituellement proposées. En 2012 et 2013, un travail de proximité, de mise en confiance, d’échange et de discussion a permis de créer du lien avec des personnes plutôt isolées et stigmatisées qui souffrent d’une rupture de lien social et de « la barrière de la langue ». Ces personnes ont émis le souhait de pouvoir transmettre leur parcours de vie afin d’être mieux compris, afin aussi de lutter contre les préjugés et fausses représentations souvent orientés contre leur statut « d’immigrés ».
S’appuyer sur les parcours de vie des personnes « venues d’ailleurs » pour les faire connaître et comprendre lors des rencontres culturelles riches en échanges et partage.
Un livre, des expositions, des actions de témoignages, puis le film « Venus d’ailleurs » valorisent ces témoignages.
La valorisation de la mémoire paraissait être un axe de travail positif dans le regard porté sur les personnes (les manques étant plus souvent soulignés que les richesses). Une équipe d’une dizaine de professionnels s’et donc investie dans une démarche de recueil de récits de vie dans l’objectif de rendre visible 12 habitants (vivants pour la plupart dans une situation d’isolement social) originaires de 7 pays méditerranéens en leur proposant de se définir au-delà du statut très réducteur « d’immigré ».
L’oralité a été choisie comme support privilégié de transmission et mode d’écriture (plusieurs personnes étant analphabètes).
Les centres sociaux de la ville d’Autun, en partenariat avec les adultes relais de l’association familiale de l’Autunois et la médiatrice socio-culturelle de l’association Vie de Quartiers, ont sollicité le soutien technique et méthodologique de la Maison du patrimoine oral de Bourgogne et d’une ethnologue pour mener à bien le projet débuté en août 2011.
Chaque vie peut devenir un livre riche d’enseignements pour les autres. Ce sont des vécus plutôt silencieux, plutôt isolés, voire parfois stigmatisés qui apparaissent ici, les vécus poignée de personnes qui ont fait le voyage de leur pays jusqu’à Autun pour des raisons différentes, à des époques différentes. ils ont humblement offert leur récit de vie à ceux qui auront envie de les connaître, pour lutter contre l’oubli et affirmer haut et fort la nécessité pour tous de transmettre aux générations suivantes.
La thématique de la langue est apparue centrale : porte d’entrée du pays d’accueil, trace mémorielle du pays de l’enfance, formes multiples et métissées recrées pour les besoins de chaque parcours de vie. Un partenariat avec les structures autunoises porteuses du dispositif d’accès à la langue française pour les personnes immigrées a notamment permis aux témoins d’interroger et de remobiliser les accompagnants et les apprenants autour du vécu de l’apprentissage, des intérêts et des barrières, du risque d’oublier sa langue.
Ce projet a été accompagné par le service de l’ACSE dans le cadre du Programme Régional d’Intégration des Populations Immigrées (PRIPI), la Fondation de France, les crédits Politique de la ville, le soutien financier du Préfet de la région Bourgogne, la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bourgogne et le conseil départemental de Saône-et-Loire.
Les centres sociaux et les associations ont valorisé leur temps de travail et de coordination. La démarche construite sur plusieurs années et complètement intégrée au travail quotidien des animateurs a mobilisé un budget en recette et en dépense de 40 000 euros (de 2011 à 2015).
Ce projet a conduit notamment l’équipe des centres sociaux à adopter de nouvelles postures professionnelles, plus individuelles.
Les aînés impliqués dans la construction de ce projet sont devenus acteurs de leur propre vie et parcours grâce au courage du témoignage et du partage : les témoins sont allés à la rencontre de différents publics pour parler de cette démarche, de leur parcours de vie, de leur point de vue sur l’interculturalité, l’Histoire et l’immigration (écoles, collèges, lycée, événements tout public, voir annexes jointes du tableau des différentes actions).
Cette démarche peut être dupliquée si les acteurs professionnels s’engagent par la confiance qu’ils témoignent aux habitants dans le respect de la parole recueillie et de sa valeur.
Chaque prise de parole dans l’espace public a été préparée et évaluée.
La suite du projet dès cette année 2016 est de poursuivre ce travail avec la 2ème et particulièrement la 3ème génération en quête de sens sur sa place sociale.
Synergies propres à ce type de projet :
Economie de VRD, valorisation du foncier, amélioration de la gestion des eaux et de leur qualité, fabrication de trame verte et bleue, amélioration du cadre de vie…
C’est la preuve que l’on peut envisager une gestion intégrée des eaux pluviales même sur des sites très contraints (taille, nature des sols, pente…) pour améliorer le fonctionnement hydraulique de basins versants, y compris d’une superficie bien supérieure.
Lorsqu’existe une volonté politique forte, il est toujours possible de s’adapter au contexte de faire preuve de souplesse (modifier ses choix d’origine, phaser le chantier), de gérer les interfaces avec les riverains et de trouver des solutions techniques de qualité à tous les points de blocage.