Paris
Le changement climatique augmente le risque d’épisodes caniculaires extrêmes : un dôme de chaleur avec des pics à 50°C est possible à Paris au XXIe siècle.
Organiser un exercice de crise grandeur nature avec les parisiens en simulant un dôme de chaleur d’une longueur et d’une intensité extrêmes.

La Ville de Paris avec Crisotech, un prestataire spécialisé dans la gestion de crise.
15 directions parisiennes et 25 partenaires tels que la Préfecture de Police, la Brigade de sapeurs-pompiers, les associations de sécurité civile, les opérateurs de réseaux, etc…
Deux arrondissements, le 13eme et le 19ème et leurs populations.
Les parisiens.
L’exercice de crise s’est décliné en un exercice sur table de gestion de crise réglementaire et un exercice in situ impliquant de manière inédite le territoire, pour expérimenter et tester les réponses aux objectifs distincts de l’exercice.
– Exercice in situ :
Un travail en amont avec les professionnels a permis de mieux comprendre les impacts d’un dôme de chaleur : isolation des bâtiments, pannes électriques, pertes d’antennes 4G, pannes de moteurs d’ascenseurs, livraisons de produits de première nécessité, etc.
En plaçant les habitants dans une « bulle fictionnelle » et en observant leurs réactions et leurs comportements dans un contexte de dôme de chaleur, on pouvait :
-Tester des dispositifs existants de rafraîchissement (ombrières, brumisateurs) ou salles rafraichies d’établissements publics (EHAPD) ;
-Expérimenter de nouveaux types de lieux refuges et y tester des enjeux de continuité d’activité (en particulier l’éducation) dans des conditions dégradées ou du moins inédites ;
-Tester les mécanismes de cohabitation en situation de crise ainsi que les chaînes de solidarité qui se mettent en place spontanément ou grâce aux dispositifs existants ;
-Simuler divers incidents techniques afin de tester les réponses apportées par la Ville (incident sur la voirie) et ses partenaires (Enedis pour une coupure électrique) ;
-Sensibiliser et observer les réactions des habitants face à des « sur événements » prévus par l’équipe projet et « simulés » par certains joueurs, en particulier des malaises.
Le scénario s’est centré sur la mise à l’abri temporaire des parisiens dans des lieux refuges, en particulier pour les personnes vulnérables comme les seniors en EHPAD, les habitants de logements sociaux ou les enfants. Ces lieux sont des abris climatiques réquisitionnés et aménagés par les services de la Ville de Paris.
Un enjeu important est apparu : la coordination entre les acteurs pour passer les informations, répartir les rôles, tester les capacités d’interventions, gérer le stress et les priorités…
– Exercice sur table :
Centré sur la capacité de réaction de la Ville et de ses partenaires, sur l’adaptation des dispositifs et les mesures de crise déjà prises, ainsi que sur la coordination entre les acteurs, le scénario de l’exercice sur table portait sur :
-la résistance des organisations face à un long épisode de très fortes chaleurs ;
-la coordination des différents acteurs concernés pour apporter des réponses ;
-le maillage parisien en termes d’espaces rafraîchis mobilisables pour les Parisiens ;
-la prise en charge des personnes en situation de rue, en lien avec les services de l’État ;
-les impacts sur les grands réseaux et notamment sur les transports en commun ;
-les impacts sur une manifestation de type évènementiel.
En 2022 : définition des objectifs et organisation d’un comité de pilotage.
En 2023 : note scientifique sur le scénario de crise, organisation et animation des groupes de travail, délimitation du périmètre de l’exercice et définition du scénario, ateliers avec les participants, mobilisation des partenaires et organisation logistique de l’exercice in situ.
Octobre 2023 : conférence de presse ; exercice In situ et retex à chaud ; exercice sur table et retex à chaud. Décembre : retex à froid avec directions de la Ville et partenaires.
31 janvier 2024 : Evènement public de restitution.
Pilotage du projet : 4 personnes au cabinet de l’adjointe, 3 personnes à la DTEC, 4 personnes au Secrétariat général, 3 personnes pour le prestataire.
Mise en œuvre opérationnelle : les référents des directions, des 2 mairies d’arrondissement impliquées, des partenaires, et des cabinets d’élus.
Au total, 100 personnes environ ont été mobilisées et ont participé à une étape au moins de l’élaboration et de la mise en œuvre des deux volets de l’exercice.
– Près de 500 personnes ont été impliquées directement
– Une centaine de retombées médiatiques en TV, radio, web et presse écrite
Un kit méthodologique de l’exercice permettra de diffuser la méthode employée pour réaliser cet exercice. Plusieurs villes nationales et internationales ont d’ores et déjà manifesté leur intérêt. L’exercice a été présenté au Resilient Cities Network en avril 2024.
Les enseignements de l’exercice seront intégrés à la nouvelle stratégie de résilience de la Ville de Paris présentée au Conseil de Paris à l’automne 2024. Des mesures concrètes ont d’ores et déjà adoptées (amplification d’installation d’ombrières, plan grand chaud notamment).