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Paris

La recherche action « Agir ensemble pour les enfants »

Pilotage / Évaluation des politiques publiques
TERRITORIA Bronze

Prix TERRITORIA Bronze 2019

Le problème

Le territoire de la Goutte d’or a été confronté depuis 2017 à l’arrivée (généralement du Maroc) de nombreux enfants très jeunes et polytoxicomanes. Ils vivent dans la rue, d’activités délinquantes, et sont violents, entre eux et à l’égard des habitants. La population, exaspérée interroge les pouvoirs publics sur la nécessité de protéger ces enfants. Or, des enfants en errance avec des comportements addictifs ne font pas partie des publics connus des services et, en général, refusent toute prise en charge par l’Aide sociale à l’enfance.

Votre solution innovante

Mettre en place une coordination des pouvoirs publics autour de la problématique spécifique des mineurs en errance.

Les objectifs

Protection de l’enfance
Rétablissement de la tranquillité
Prise en charge face à une problématique sensible : troubles de l’ordre public, consommation de drogues, protection de l’enfance, refus de prise en charge.

L'histoire de votre action innovante

QUI ?

Paris a initié en janvier 2018 un travail partenarial avec le Parquet des mineurs, les juges des enfants, la Police nationale, l’Agence régionale de santé et la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) en vue de construire des parcours individuels pour certains de ces jeunes.

POUR QUI ?

Les mineurs (marocains) dans la rue

QUOI ?

Fait réaliser en 2018, durant une année, une étude pour mieux comprendre leur profil et leur parcours : une partie de ces enfants n’étaient pas des enfants des rues au Maroc, ce qui a été un élément très contre intuitif de ce travail ;

Cherché un partenaire associatif susceptible d’aller à la rencontre de ces jeunes et de leur proposer un lieu d’hébergement la nuit et des animations durant la journée.
Depuis un an et demi le Centre d’action sociale protestant (CASP) a recruté des équipes qui sont missionnées pour aller à la rencontre des jeunes, faire en sorte de créer un lien de confiance permettant ensuite d’initier des actions éducatives et aussi de santé. L’enjeu consiste déjà à identifier des jeunes qui donnent plusieurs noms et qui reviennent à intervalles irréguliers à la Goutte d’or. Leur nombre varie beaucoup, jusqu’à 80 dans l’espace public avec, parfois, de jeunes adultes. En hiver, la ville peut être amenée à en mettre 50 à l’abri ; à d’autres moment le centre d’action social protestant n’en accueille aucun la nuit.
L’accueil doit se faire de jour et de nuit. La ville doit chercher des locaux intercalaires pour la nuit car il est difficile de trouver un lieu à louer, eu égard aux réactions des voisins.

QUAND ?

2018 / 2019

Les moyens humains et financiers

INTERNES ET EXTERNES

Moyens humains : le Centre d’action sociale protestant.

COÛT TOTAL : Plus d’1M€ en 2019

L’évaluation de l’innovation

IMPACT

Le nombre de mineurs actuellement pris en charge par la ville de Paris est inférieur à 5.
Un rapport d’évaluation, réalisé et communiqué aux différents partenaires fin 2018, après un an d’existence, mettait en évidence des avancées significatives en termes de

  • mobilisation des services publics : sur le volet santé ( hôpital Robert Debré, PASS ambulatoires, centres de santé et dentaires de la ville) éducatif et prévention/sécurité ; une pharmacie a aussi apporté son concours pour faciliter les soins.
  • adaptation de la PJJ à ce public en errance puisqu’un éducateur a fait des maraudes,
  • diminution du nombre de mineurs présents dans le quartier : certains sont partis vers d’autres villes françaises et européennes.

De nombreux mineurs ont été emmenés à la maison d’accueil d’urgence mais ont fugué peu après. Leur refus de prise en charge reste une constante. Quelques mineurs ont bénéficié d’une prise en charge plus longue quand une action coordonnée a été mise en œuvre avec le parquet des mineurs et qu’après des actes délictueux, ils ont été incarcérés puis placés en centres éducatifs fermés.
L’objectif est de leur proposer ensuite une prise en charge par l’aide sociale à l’enfance.
En ce qui concerne le rétablissement de la tranquillité publique, la situation doit être observée en permanence, l’arrivée de nouveaux jeunes ou des rivalités entre groupes pouvant conduire à des violences. Actuellement, la situation est calme mais les jeunes consomment beaucoup de produits, dont du crack.

POTENTIEL DE DIFFUSION ET DE RÉPLICATION

D’autres villes françaises sont aussi concernées par exemple Brest, Montpellier, Bordeaux et Rennes et l’expérience parisienne pourrait être partagée pour éviter une approche purement sécuritaire. Des villes européennes également : Barcelone, Stockholm, Berlin…

BILAN, SUIVI, PROJET D’ÉVOLUTION

Cette démarche coordonnée, a porté ses fruits. Par exemple, ces jeunes déjouaient la possibilité de les identifier en donnant de nombreux alias. Désormais, il est plus facile de les identifier, ce qui permet de mieux les accompagner quand ils reviennent dans le quartier après avoir voyagé ailleurs en Europe.
Certains jeunes ont pu retrouver des comportements d’enfants une fois éloignés de l’influence de majeurs qui les avaient placés sous leur emprise à Paris.
Le projet est suivi de très près au plan territorial par des réunions tous les 15 jours avec l’ensemble des partenaires, ainsi que par le maire et les élues de l’arrondissement.
Cette intervention a été pérennisée par Paris pour deux ans avec une demande de financement européen auprès du Fonds Asile Migration et Intégration (FAMI) destiné à protéger les personnes migrantes vulnérables.
Des coopérations existent avec d’autres territoires en France et en Europe pour trouver de meilleurs manières de faire face à cette situation.

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