CR Ile-de-France
Le réseau de métro francilien est le théâtre d’une situation d’urgence sociale : chaque nuit plus de 300 hommes et femmes y dorment. Travailleurs précaires, grands exclus de la vie, passagers occasionnels ont recours à cet ultime mode d’hébergement dont les conséquences sont néfastes : précarité sanitaire, insalubrité, insécurité, perte du lien social, troubles. Alors que la grande précarité localisée dans le métro est spécifique, aucun dispositif d’hébergement dédié n’existait avant les Maisons Région Solidaire.
Créer des Maisons Région Solidaire accueillant un public très spécifique que sont les sans-abris du métro, sur Paris et sa petite couronne, lieux d’hébergement, de réinsertion, de resocialisation en lien avec des soignants et un opérateur solidaire présent en permanence et proposant du temps et des solutions sur mesure.
Fédérer et compléter l’action des acteurs en place pour former une chaîne de solidarité permettant « une sortie de rue » définitive.
Offrir des lieux de reconstruction à taille humaine où les hommes et femmes dormant dans le métro peuvent prendre le temps de le faire avant d’entamer une démarche de réinsertion.
Sous l’impulsion de la Région, de nombreux acteurs se sont fédérés pour faire aboutir ce projet :
Région Île-de-France et IDFM : à l’initiative du projet, sponsor, financeur majoritaire.
Villes de Clichy-la-Garenne et d’Issy-les-Moulineaux : mise à disposition de lieux.
Croix Rouge Française et Seine Ouest Insertion : opérateurs en charge de la gestion des établissements.
Recueil Social de la RATP : maraude dans les couloirs du métro..
Centre d’Accueil et de Soins Hospitaliers de Nanterre, Centre de Lutte Anti-Tuberculose, l’Ordre de Malte : offres de soins.
Samu Social de Paris : enquête sociologique pour mieux appréhender la situation des sans-abris du métro.
Association Entourage : travail d’intégration de ces structures auprès des riverains.
Entreprise Etat d’Esprit stratis : mission de concertation publique autour de la situation des sans-abris du métro : avis citoyen quant aux solutions à apporter.
Services de l’Etat : financeur
Les sans-abris dormant dans le métro : 300 personnes chaque nuit – 2500 personnes différentes sur une année.
Les Maisons Région Solidaire sont pensées pour proposer un accueil sur un temps long, de jour comme de nuit, avec ses solutions d’accompagnement sur mesure pour permettre « une sortie de rue » définitive aux hommes et aux femmes accueillis. Ce réseau de structures à taille humaine complète l’action du Recueil Social qui effectue des maraudes dans les couloirs du métro et des services de santé spécialisés dans la précarité tels que le CASH de Nanterre.
Premières personnes accueillies en Novembre 2019.
Travaux et aménagement : 4 M€ pour les deux premiers établissements.
Fonctionnement des établissements (37€/personne/jour) grâce à une trentaine de personnes mobilisées chez nos partenaires : 2 M€ sur une année pleine.
4 M€ pour les travaux et aménagements (financés à 100% par la Région), 2 M€ par an pour le fonctionnement (financés à 50% par IDFM).
L’enquête sociologique réalisée par le Samu Social de Paris a permis de mieux comprendre la situation des sans-abris dans le métro, étude qui n’avait pas été faite depuis 30 ans. Grâce à ces éléments, à l’expertise des opérateurs solidaires et à la volonté de la Région Île-de-France d’agir de façon pérenne pour une sortie définitive de la rue, les deux premières Maisons Région Solidaire sont sorties de terre. En juillet 2020, une centaine de sans-abris sont accueillis dans les deux structures. Grâce à un cadre accueillant et une pleine disponibilité des opérateurs partenaires, les personnes accueillies ont tout le temps nécessaire pour prendre leurs marques, ainsi elles se sentent apaisées et se stabilisent : le taux de retour à la rue est très faible. Des activités de réinsertion sont régulièrement proposées (visite de la fondation Louis Vuitton, cueillette de légumes auprès d’agriculteurs).
Notre modèle est basé sur une approche nouvelle et approfondie de l’accompagnement et de l’hébergement des populations précaires. Il tient compte des réalités du parcours de sortie de rue, des attentes des citoyens en termes d’intégration dans un quartier, et peut être reproduit par d’autres collectivités et associations.
Les deux premières structures ont déjà permis à une centaine d’hommes et femmes de quitter les couloirs du métro : une fois accueillis, elle s’y plaisent et restent. A court terme, l’objectif est d’accueillir 145 personnes, la montée en charge ayant été perturbée par les grèves de cet hiver (fermeture du métro) puis par la crise sanitaire du Covid-19. A moyen terme, il s’agit de construire de nouvelles Maisons Région solidaire, de travailler sur leur intégration grâce aux éléments obtenus lors de la concertation citoyenne. L’offre de soins psychiatriques sera également renforcée grâce à notre partenaire, le CASH de Nanterre : ce type de soins étant prépondérant pour la stabilisation des profils les plus chronicisés, ceux instables psychologiquement qui sont, trop souvent, non acceptés dans les structures d’accueil.