CD Haute-Saône
Le Département de la Haute-Saône cherche à gagner en attractivité or la richesse de son histoire et de son patrimoine est méconnue y compris de ceux qui y vivent. Les musées départementaux Demard qui racontent cette histoire étaient issus d’une initiative populaire et montraient l’attachement des habitants à leur territoire. Avec le départ de la famille fondatrice et une professionnalisation croissante des équipes, le lien s’est distendu et les musées, victimes de désintérêt ont vu la chute de leur fréquentation.
Les musées départementaux ont expérimenté une labellisation Ethnopôle pour redonner mémoires et voix aux lieux et aux collections grâce à la participation de la population dans de nouveaux contributifs.

Le Conseil départemental en lien avec la direction générale du Patrimoine, les services ethnologie et musées de la DRAC Bourgogne Franche-Comté et le conseiller dédié à la recherche en ethnologie.
Les contributeurs et partenaires se comptent aujourd’hui par centaines, publics (écoles, lieux de culture…) et privés (associations, artisans, entrepreneurs, particuliers…).
Ils peuvent être occasionnels ou plus pérennes en participant à des groupes annuels de production de contenus animés par les musées (Cogit’o musée, Gang des chiffonnières…).
Les habitants de la Haute-Saône et du Mexique (jumelage historique).
L’action a rapidement dépassé ses intentions premières en intéressant tous ceux qui se revendiquent d’un lien avec les musées, les collections, l’histoire du département et de la région ou encore de l’axe scientifique choisi (populaire, itinérances, mobilités et migrations). Le cercle s’élargit à tous celles et ceux qui cherchent à vivre différemment les musées et à remettre du lien entre ces établissements et leurs visiteurs.
Les expositions temporaires et les publications constituent à ce jour les supports les plus visibles de cette action. Elles font le pari d’associer sur un plan égalitaire œuvres et propos qu’ils soient institutionnels ou réalisés par les contributeurs « amateurs » dans un discours coconstruits avec eux dans le cadre d’une enquête ethnologique.
Au Musée des Arts et Traditions Populaires, cela a pu se faire autant grâce à une riche documentation iconographique historique (25 musées prêteurs dont le Musée du Louvre et le Mucem) qu’aux réalisations d’amateurs (photographies, mémorial collectif, etc.).
Les enquêtes sont menées en préparation de l’exposition mais se poursuivent bien au-delà via les inspirations que les projets suscitent. On assiste régulièrement sur les territoires à des réappropriations spontanées des sujets et des formes (itinérance des productions exposées). En cela, les musées redistribuent les paroles, les idées et les expressions des populations qu’ils ont accueillies avant de les rendre enrichies et de les diffuser plus largement.
Le label Ethnopôle, délivré en 2016 par le Ministère de la Culture, engage les musées départementaux de la Haute-Saône comme laboratoires d’expérimentations sur le terrain (seulement 3 musées de France labellisés).
En 2023 et 2024, « Sorcières ! Sorts de femmes … » a souhaité raconter sous un prisme nouveau l’histoire des femmes qui ont été jugées pour sorcellerie en Franche-Comté entre les 15e et 17e siècle.
En 2024, la convention avec la DRAC sera reconduite pour la 3ème fois et relance cette action dans des perspectives renouvelées.
Au sein du service des musées départementaux (équivalent 16 ETP), une ethnologue engagée en CDI, un budget de fonctionnement permettant entre autres le financement des expositions temporaires à hauteur de 50%. Un projet soutenu et subventionné par la DRAC et la DGPAT.
Chaque exposition produite dans le cadre de cette action touche entre 200 et 300 personnes de tous âges et de tous horizons (hors visiteurs).
Les contributions vont des plus intellectuelles (co-production des discours) aux plus matérielles (co-productions des exposés et apports scénographiques). Cet aspect participatif permet d’enrichir les contenus sans augmentation ou dépassement budgétaire.
La méthode de l’Ethnopôle « Réinventons les musées populaires », déclinée dans le Projet Scientifique Culturel et Contributif des musées (validé en 2021), a suscité de nombreuses interventions en colloques et journées d’étude pour en partager la méthodologie au niveau régional et national (Corte en 2021, Dijon et Marseille en 2022, Mâcon en 2023, etc.).
L’action fait l’objet d’une convention renouvelable tous les 4 ans. Elle encadre la tenue d’un comité scientifique. Un rapport d’activité annuel est envoyé à la DRAC. En fin de chaque convention, le comité scientifique est réuni et un bilan détaillé est réalisé avec les perspectives d’évolution en vue de son renouvellement.